L’ESPRIT

VI / L’Univers Trinitaire

Introduction

Lorsque j’ai abordé la trinité, j’ai parlé de la nouveauté pour exprimer ce que signifie la trinité. La relation entre la trinité et la nouveauté, on la trouve partout, et c’est ce qui fait qu’elle est divine. L’expérience de la nouveauté, on l’a dans l’expérience de la réalité, il y a l’existence ici et maintenant dans sa particularité, il y a l’être qui englobe tout et il y a coïncidence fulgurante entre l’être et l’existence qui fait que nous découvrons une extraordinaire manière d’exister et une extraordinaire manière d’être à travers la relation entre l’être et l’existence, à travers le fait que l’être devient une icône de l’existence et l’existence une icône de l’être.

L’expérience de la trinité est l’accès à une expérience visionnaire qui fait que l’on voit tout d’une manière totalement nouvelle parce que totalement extraordinaire. On voit l’humain dans le divin et le divin dans l’humain, on voit l’amour du Père qui déferle en se transmettant à l’infini. Cela permet de comprendre l’Esprit Saint. L’esprit, c’est l’intelligence concrète, ici et maintenant, qui fait que je m’adapte intelligemment à la réalité dans laquelle je vis, la réalité est un combat, et je suis dans l’esprit de la réalité dans la mesure où je traite le combat par le combat. Ensuite, il y a l’amitié, la relation humaine, je traite l’humain par l’humain, je suis dans l’esprit de l’humain, et puis après, il y a le génie, je traite le génie par le génie, et puis il y a un génie qui dépasse l’imagination, un génie ineffable qui consiste à dire que je traite l’ineffable par l’ineffable.

Lorsqu‘un saint parle, ce n’est plus lui qui parle, c’est Dieu qui parle à travers lui, il est totalement libéré du monde, il est parvenu au suprême stade angélique, celui des chérubins, des séraphins et des trônes qui traduit la rupture totale avec le monde, c’est-à-dire, le fait d’être totalement délivré et donc de permettre au souffle divin de passer à travers lui. Là, nous comprenons ce qu’est l’expérience trinitaire, nous comprenons le Père, le Fils et l’Esprit. Le Père : un océan d’amour qui ne demande qu’à se transmettre, qui passe de l’invisible dans le visible par le Fils qui, lui-même s’efface pour qu’il y ait une vie encore plus ineffable que l’ineffable existant.

Ce qui est décrit à travers la divine trinité, c’est le débordement de vie, d’amour, de génie, d’intelligence et de lumière qui s’exprime à travers Dieu. Il est important pour nous d’intégrer la dimension trinitaire, cela nous permet de vivre d’une manière juste à l’intérieur de la réalité concrète, celle du monde, et de la réalité humaine. C’est pour cela que je vais parler du monde trinitaire et de l’homme trinitaire.

La diversité du monde

On voudrait pouvoir décrypter le monde, mais il faut savoir ce que l’on entend par « monde », le monde est souvent pris pour l’actualité. Mais pour comprendre le monde, il faut revenir à la réalité du monde, sans cela, on ne pourra pas décrypter celui-ci. Le monde, c’est ce que j’appellerais la diversité, on parle toujours de la diversité à travers le monde. Par exemple le monde animal, c’est la diversité du monde animal, le monde végétal, c’est la diversité du monde végétal, le monde humain, c’est la diversité du monde humain et puis dans le monde humain, il y a le monde de l’art avec sa diversité, il y a le monde des lettres avec sa diversité, il y a le monde de la science, le monde de la médicine et tous les autres mondes. Autour de nous, il y a quantité de diversités.

En disant cela, je ne dis pas grand-chose parce que c’est pauvre car la diversité n’est pas simplement la diversité, mais c’est la diversité vivante qui diversifie à travers les trois manières que l’on a de diversifier. Premièrement, elle diversifie d’une manière concrète et existante, ici et maintenant, deuxièmement, elle diversifie d’une manière dynamique et troisièmement, elle diversifie en allant au-delà de la diversité simplement concrète et dynamique en montrant une diversité totalement nouvelle à laquelle on n’a pas l’habitude de penser. Je comprends le monde et sa diversité lorsque je suis capable de faire vivre toutes ces diversités, à savoir, une diversité existante, une diversité dynamique et une diversité transcendante. Il arrive que cela réussisse et c’est merveilleux. C’est ce qu’on voit lorsqu’on entre dans l’atelier d’un artisan, ou d’un peintre. On va y voir les objets et leur matérialité, on va y voir la dynamique de l’homme qui fabrique avec ses outils, et puis on va y voir autre chose qui n’est ni matériel, ni dynamique, mais qui est spirituel. Il va y avoir une atmosphère, un climat et on va adorer cet atelier et on va s’en souvenir, cela va vivre en nous et se développer comme l’arôme d’un alcool en nous mettant dans l’atmosphère et dans l’esprit. A ce moment-là, on a une compréhension heureuse du monde.

Ce qui fait que je comprends le monde, c’est que je respecte tous les aspects de la diversité, matériel, dynamique et spirituel. J’ai compris un monde qui arrive à son accomplissement et permettant au monde d’accoucher du monde. On nous parle d’un monde qui n’arrive pas à accoucher de lui-même, on nous parle du chaos qui et à l’intérieur du monde et qui fait que la diversité matérielle est menacée, la diversité dynamique est menacée et la diversité spirituelle, n’en parlons pas. On nous parle de notre rupture avec le monde, et cela permet de comprendre la parole de Rimbaud dans une saison en enfer : « nous ne sommes pas au monde, la vraie vie est absente ». Nous sommes dans le monde si nous sommes capables d’être dans l’existence, la dynamique et le mystère de ce qui vit réellement, dynamiquement et spirituellement. On a l’impression d’être dans le monde lorsqu’on nous parle d’un monde fracassé, mais en fait le monde n’existe pas.

Le Christ a cette parole : « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde ». Les disciples sont affolés parce que la barque menace de chavirer et le Christ dort. Lorsqu’il se réveille, il parle au vent et à la tempête qui se calment et dit aux disciples : « N’ayez pas peur, j’ai vaincu le monde ». Vaincre le monde, c’est ce qui se passe lorsqu’on est capable d’être dans la diversité créatrice contre vents et marées. On est dans l’acte de vaincre le monde lorsqu’on est capable d’être créateur en toutes circonstances et on montre que rien ne s’oppose au souffle créateur. La véritable paix est une paix en toutes circonstances, c’est une paix au milieu de la tempête. Pour l’homme qui est en paix, il n’y a pas de tempête, il y a la paix, pour l’homme qui est dans la création, il n’y a pas de tempête, il est dans la création. Cela permet au Christ de dormir dans la tempête, mais cela permet également de calmer le vent et les éléments. Lorsqu’on est créateur, on est en paix partout et au cœur de tout, on est capable de tout apaiser, et lorsqu’on est capable de tout apaiser, on est capable de vaincre la plus grande tempête qui soit qui est celle de la peur. La tempête de la peur, c’est ce qui se passe lorsqu’on n’est plus dans la vie, lorsqu’on est plus dans l’homme et dans l’humanité. C’est-à-dire qu’on a tellement peu confiance dans la vie, et dans la vie où l’on est, que plus rien d’existe, on n’existe pas, le monde n’existe pas, les hommes n’existent pas, Dieu n’existe pas. L’expérience de la peur, c’est l’expérience du néant.

C’est une expérience que l’on vit en permanence, autour de nous, tout est administré par la peur et par l’anxiété collective, qui fonctionne exactement comme la bombe à neutrons, à savoir que toute la vie est tuée mais pas les bâtiments et le monde extérieur. Rimbaud a raison, nous ne sommes pas au monde, le monde n’existe pas, nous n’existons pas, rien n’existe parce que nous ne faisons pas vivre en nous le souffle créateur qui nous permet d’être dans la diversité, à la fois matérielle, dynamique et transcendante. Il importe de réapprendre ce qu’est le sens de la diversité. La diversité, c’est ce qui n’arrête pas de se diversifier en créant une première diversité qui est concrète, ensuite une deuxième diversité qui est la diversification de la diversité et une troisième diversité qui est la diversification de la diversification. Ceci pour aboutir à quelque chose d’extraordinairement divers et extraordinairement riche qui se caractérise par les deux pôles de l’univers : l’infiniment petit et l’infiniment grand qui témoignent tous les deux d’une extraordinaire diversité. Être au monde, vivre d’une manière trinitaire, c’est faire vivre cette extraordinaire diversité. On le voit très bien avec les vrais savants, ils regardent la matière, les cellules les atomes, et ils y découvrent des mondes. Il est fascinant de voir qu’au microscope, une goutte d’eau révèle des mondes. De même que dans l’espace, on n’arrête pas de découvrir des galaxies par milliers. Donc ce qui est tout à fait extraordinaire c’est de vivre la diversité et de diversifier les choses.

Une révolution totale

Diversifier les choses demande une révolution totale de notre manière de penser, et cette révolution comporte trois éléments fondamentaux. Le premier c’est l’élément de la science et de la connaissance, le deuxième c’est celui de la création et de l’art, le troisième est celui de la pensée de la théologie et de la métaphysique.

La connaissance

La science est au cœur d’un problème majeur qui est celui de savoir comment penser le monde pour pouvoir le connaître. Il y a trois obstacles qui nous empêchent de connaître le monde, le premier c’est l’expérience, le deuxième c’est l’idée et le troisième c’est la manière dont on conçoit l’expérience et l’idée. Le premier obstacle, c’est ce que nous appelons la réalité concrète en croyant que la réalité concrète est la réalité. La réalité concrète n’est pas la réalité parce que lorsqu’on parle du concret, on chosifie les choses, on les endurci et on crée une violence à l’égard de la réalité et cela abouti à nous faire penser que la réalité c’est la souffrance et l’échec, on est dévorés par une vision doloriste de la réalité.

La connaissance révolutionne cela et dit exactement l’inverse, la réalité ce ne sont pas les choses, mais c’est la vie et les choses vivantes. Les choses vivantes ne sont pas des choses qui sont dures et qui font souffrir, ce sont au contraire, des choses réjouissantes et passionnantes car on voit la réalité fourmiller d’éléments divers et c’est merveilleux de voir ce monde ne jamais se chosifier et se figer. Lorsqu’on regarde ce monde, on est saisi par la beauté et par le souffle céleste qui passe à travers cette création et on se rend compte que rien n’est plus réel que le souffle créateur plein de beauté et de l’amour qu’on peut avoir pour ce que l’on est en train de vivre. Là, on est dans la réalité, être dans le concret, c’est être dans le transcendant et dans le souffle créateur.

Ce qui fait que l’on est vraiment dans le monde, c’est qu’on n’est pas dans le monde, le Christ dit : « je ne suis pas de ce monde », cela veut dire qu’il est de ce souffle créateur qui n’est pas de ce monde concret. Rien n’est plus réel que le transcendant et rien n’est moins réel que ce que nous appelons le concret. Faire une expérience, c’est faire une traversée, c’est pérégriner hors de soi. Je pérégrine lorsque je rentre dans la merveilleuse diversité des choses, que je vois fourmiller cette réalité et que je sens le souffle divin derrière ce fourmillement de réalité.

Lorsque je fais cela, je fais la même chose que ce que fait le Christ lorsqu’il démultiplie les pains et les poissons, c’est-à-dire qu’il fait vivre l’extraordinaire richesse de la création en tant que telle. Si on fait cela pour telle ou telle partie de la réalité, on le fait pour tout, on s’aperçoit que la démultiplication des pains, c’est ce qu’on fait tous les jours, lorsqu’on est intelligent et créatif, avec très peu, on fait beaucoup. Donc, premier point, ce que nous appelons réalité, n’est pas la réalité.

La pensée

Nous appelons la pensée l’image subjective dans laquelle on se reflète dans son propre miroir, nous appelons pensée la réflexion de nous-même dans les images de nous-même et nous avons l’impression de penser lorsque nous pouvons vivre ces images et nous en satisfaire. Lorsque la pensée est ainsi, elle n’existe pas, elle ne fait rien exister et elle est aussi inexistante que la réalité concrète parce qu’on ne vit pas.

Penser, ce n’est pas se faire une image de notre propre reflet, penser, c’est effectivement partir d’une image, mais vivre cette image riche et vivante parce qu’une image amène une autre image, et en amenant une autre image, elle crée une image d’image dans laquelle on voit la réflexion se mettre en place et créer la diversité des pensées. Cette diversité des pensées va nous amener à ordonner ces pensées pour conserver cette diversité et ne pas l’abimer. Cela va permettre à l’unité d’apparaitre au milieu de la diversité pour bien vivre la diversité. Cela va produire le passage à un autre type de réalité. Dans une pensée qui pense, il y a tout un monde, toute une diversité qui nous emmène dans la finesse, dans la délicatesse, la subtilité, le détail, dans une extraordinaire atmosphère de richesse et un sens de l’émerveillement. Je ne vais pas vivre le transcendant, mais l’immanent, grâce à la pensée, je vais rentrer dans une extraordinaire diversité qui nous emmène, non pas au-delà du monde, mais dans le cœur de celui-ci. Et là, on commence à apercevoir le troisième élément.

La transcendance

La transcendance, c’est lorsqu’on tire les conséquences de l’expérience et de l’idée. L’expérience concrète m’amène dans la transcendance, la pensée m’amène dans l’immanence, dans le cœur du monde. Rien n’est comme je le pense, rien n’est ce qu’on croit, les choses sont beaucoup plus transcendantes qu’on ne le pense et les pensées sont beaucoup plus immanentes qu’on le pense.

Si je suis capable de penser contre moi-même et contre ce que je crois à propos des choses, de l’expérience et des idées, je vais pouvoir réconcilier l’expérience et l’idée, me réconcilier avec moi-même et rentrer en combat contre moi-même. Je vais me réveiller, je vais lutter contre ma propre inertie, contre mon propre sommeil et je me retrouve simultanément dans l’expérience et dans l’idée parce que le point de rencontre entre l’expérience et l’idée, c’est l’éveil, c’est ce moment où je vois tout sous l’angle du commencement, c’est à la fois très concret, très matériel et en même temps, très intellectuel. Je vois alors une diversité magnifique partout, je suis capable d’être l’artisan et d’être l’artiste, je vois tous les mondes qui sont à l’intérieur du monde, tous les mondes qui commencent à l’intérieur de moi-même et rien n’est plus heureux que de vivre ce débordement de richesses.

La véritable richesse

Nous sommes faits pout êtres riches, pour vivre l’extraordinaire diversité de la création et pour la faire vivre. C’est ce qui exprime la connaissance, un maitre c’est quelqu’un qui vous met en état de connaissance en nous disant que nous n’avons rien vu et qu’on ne peut pas imaginer la richesse qui est en nous et partout autour de nous. Lorsqu’on en est là, on vit avec tout son corps, tous ses yeux, toute sa chair et toute sa pensée. On vit une vie ou dans les pensées il y a de la chair et de l’existence, et dans l’existence il y a de la pensée, on vit la véritable richesse.

Dans les Evangiles, il est dit : « Malheur aux riches », il ne s’agit pas de condamner les riches mais de condamner une attitude qui consiste à se contenter d’une « pauvre richesse » pour ne pas vivre la véritable richesse. Il ne faut pas confondre la richesse avec l’argent et il ne faut pas se contenter de cette richesse d’argent pour ne pas être pauvre.

L’Art est le moteur de notre monde et les ouvres artistiques sont les trésors symbolisant la véritable richesse et on paye des fortunes pour des œuvres d’art car lorsqu’un artiste est capable de faire vivre la couleur, les sons ou les formes, cela n’a pas de prix. Avec Soulage, nous avons l’exemple même de quelqu’un qui dit la chose du monde la plus précieuse qui soit, Soulage explique que le noir est la même chose que la lumière et que rien n’est plus lumineux que le noir, dans l’ultra noir, il découvre la lumière. Quelqu’un qui explique ce genre de chose est un bienfaiteur pour les civilisations, c’est le message le plus christique qui soit que de dire qu’au fond du noir, il y a la lumière. Tous les grands mystiques le disent, ils sont allés dans les ténèbres et dans les ténèbres, Il était là et Sa lumière était plus lumineuse que le soleil. La vérité, c’est que peindre le noir et peindre le soleil, c’est la même chose et c’est prodigieux. Cela permet de guérir de tous les malheurs, de toute la tristesse et la souffrance psychique. Les gens sont enfermés dans le noir, ils souffrent et ne voient pas la lumière, mais là où est le noir, on leur montre la lumière et cela s’appelle la libération du monde et de l’humanité. Cela fait penser au Christ qui dort dans la tempête et on s’aperçoit que la lumière va partout, pour la lumière, pour la création, pour le Christ, il n’y a pas de noir, pas de ténèbres, pas de tempête. C’est prodigieux et on a bien raison de considérer que l’art est extrêmement précieux et d’être prêt à payer des fortunes pour des œuvres d’art car cela n’a pas de prix. A partir de l’art, toute la civilisation est possible, souvenons-nous des paroles de Baudelaire dans Les fleurs du mal : « donnes-moi ta boue et j’en ferai de l’or », on pourrait dire : « donnes-moi du noir et j’en ferais de la lumière ».

La pensée et la vie trinitaire.

La pensée c’est ce qui fait le lien entre le ciel et la terre, cela est lié à l’expérience de la réflexion et du miroir. La pensée consiste à penser ce que l’on pense, geste qui est le même que celui de vivre ce que l’on vit. Lorsque je vis ce que je vis, je suis dans la vie, mais je suis en même temps dans la pensée de la vie, je suis dans la rencontre entre la vie et la pensée, je suis en Dieu. A propos de Dieu, Aristote dit que Dieu est la pensée qui se pense elle-même, Il est simultanément la vie et la pensée, Il fait communiquer le visible et l’invisible, le spirituel et le matériel, l’humain et le divin, c’est le Dieu vivant, c’est la sensation. J’aime penser que le Christ est dans notre corps, qu’Il est dans nos sensations, qu’Il est au cœur de tout en étant le passeur de tout en étant le vivant. Il nous dit de plonger dans la Vie, La Voie c’est la Vie et la Vie c’est la Vérité, la Vérité c’est votre « Je suis » lorsque vous vivez votre « Je suis » et que votre nom devient le nom de Dieu et que le nom Dieu devient votre nom. On est dans l’humanité libérée, dans le verbe fait chair, tout est libéré, le divin devient le tout vivant et le tout vivant devient divin, on est dans le monde trinitaire, dans le monde concret, dans le monde dynamique et dans le monde céleste.

Toute la dynamique de la vie en Christ consiste à sortir de l’irréalité dans laquelle nous sommes pour nous faire rentrer dans la réalité et nous permettre par la réalité divine d’aller dans la réalité elle-même. Dans l’expérience de l’ascèse, on essaie de vivre de l’intérieur la vie le vivant qui vit en nous en nous dépouillant du monde qui ne vit pas pour créer un monde qui vit. D’un côté il y a un monde qui vit dans l’irréalité, c’est le monde des mondains, on fait semblant d’être dans le monde mais en réalité, on n’est pas dans le monde. Un tel monde est voué à la catastrophe et on constate qu’il y a quantité de mondes qui s’écroulent, lorsque les mondes ne vivent pas, ils s’écroulent d’eux-mêmes. Dans notre monde, il y a des choses qui sont en train de disparaitre et on dit que c’est la fin d’un monde parce que cela ne vit pas, mais le véritable monde apparait sous la forme du nouveau monde. Le nouveau monde c’est connaitre et vivre ce qui va permettre de créer une infinité de mondes et c’est ce qui est libéré dans la Parole du grain de Sénevé des Evangiles où la plus petite partie de la réalité est capable d’être la plus grande. L’expérience de la Parole divine, c’est Soulage, c’est la lumière au fond de l’enfer, c’est cette extraordinaire liberté qui permet de tout vivre et d’aller partout.

La vie trinitaire nous oblige à être concrets, à découvrir le ciel au cœur de la terre et à vivre le Logos incarné. La trinité me parle du matériel, du personnel et du transcendant, il n’y a pas que le divin. II y a ici des éléments pour repenser totalement la condition humaine et en particulier la richesse en perspective de richesses dont ni vous, ni moi, n’avons imagination tant elles sont belles.